Oublions un instant la finance et parlons plutôt de l’épargne. Notre épargne. L’épargne des 350 millions d’Européens par exemple. Celle qui constitue un matelas de précaution dans nos comptes de dépôts, celle que nous accumulons patiemment et que nous plaçons dans des contrats d’assurance-vie, dans des fonds d’investissement, pour préparer nos projets, pour financer l’éducation de nos enfants. Celle aussi que nous avons collectivement accumulé dans les fonds de pension, les caisses de retraite et qui servira à payer nos pensions dans 5, 10, 20 ans ou plus.

Cette épargne est abondante. Le taux d’épargne des Européens est aussi élevé qu’il était avant la crise économique et financière de 2007/2008. Mais que faisons-nous de cette épargne ? Qu’en font les gérants des fonds de pension, les assureurs, de ceux qu’on appelle les investisseurs institutionnels ? Est-elle dirigée en priorité vers des projets qui favorisent une économie durable et inclusive ? Vers les entreprises respectueuses de l’environnement, de leurs salariés, de leurs clients ? Vers les projets qui réduisent les émissions de CO2 ? Vers les infrastructures « pro-pauvres » comme le souhaite l’ONU ?

Et si c’était cela la finance positive ? Une réorientation massive de notre épargne vers des investissements positifs !

Cette finance positive existe. Il faut qu’elle change d’échelle. Nous en connaissons tous des exemples. La micro-finance a permis à des millions d’entrepreneurs pauvres de s’inventer un avenir. Plus du quart des sommes investies dans l’épargne salariale en France alimente des fonds d’investissement socialement responsable (ISR) et des fonds solidaires. Le marché des obligations vertes a doublé en 2013 et en 2014 pour atteindre près de 40 milliards de dollars …

Changer d’échelle, cela concerne les financiers bien sûr, mais cela concerne aussi les pouvoirs publics, les épargnants, chacun d’entre nous. Il s’agit de savoir ce que nous voulons faire collectivement de notre épargne. Investir c’est faire des choix, accompagner des projets, inventer le monde à venir. Orienter l’épargne peut devenir un levier extrêmement puissant pour favoriser une économie positive.

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